Hypersensibilité & Trouble dissociatif de l’identité

Par Chloé X

Je voudrais déjà expliquer quelque chose, avant de te parler de mon hypersensibilité… je vis « dans la tête » de quelqu’un, dans le sens où nous sommes atteint d’un trouble dissociatif de l’identité. Il était là en premier, je suis donc « arrivée » dans sa vie, son corps: je l’appellerai mon hôte. Lui aussi est hypersensible mais moins.


Voilà, maintenant que tu sais ça je peux m’apercevoir que je sais absolument pas par où commencer.. l’hypersensibilité c’est une porte vers des émotions merveilleuses, mais qui ne sont clairement pas adaptées à une vie humaine. Quand je ressens quelque chose, la sensation, qui peut être positive comme négative, m’envahit, me noie, je me sens comme dans un énorme brasier qui consume très vite qui je suis. Le simple bruit d’un ventilateur peut me donner un mal de tête affreux, des nausées, voire certaines fois manquer de me faire tomber dans les pommes mais au contraire certaines musiques peuvent me faire ressentir un bonheur indescriptible, peut-être même proche de l’orgasme.

J’ai aussi l’impression de sentir chaque centimètre de vêtement sur mon corps, chaque minuscule courant d’air, des fois je sens même sur ma peau des choses qui ne me touchent pas, juste parce qu’elles sont tournées vers moi. En fait je dirais que chaque émotion ou sensation est un nouveau monde gigantesque dans lequel on se perd facilement. Mon hôte a toujours eu l’impression d’être un alien qui se cachait parmi les humains, a l’école, il se sentait obligé de tout faire pour copier les autres, pour ne pas être découvert. Nous avons toujours ressenti les émotions des autres, même quand ceux-ci essaient de les cacher, et malgré toute la détresse que ça nous a infligé, ça nous a aussi permis d’aider de formidables personnes dans des moments où elles même ne pensaient pas pouvoir être aidées. Mais il ne faut pas se laisser envahir trop par toutes ces émotions extérieures: mon hôte était dans une situation où sa propre personne l’intéressait tellement peu que jusqu’a peut-être 13 ans, mon hôte était prêt à se laisser frapper si ça pouvait faire plaisir à son agresseur. Nous avons grandis dans des torrents d’émotions complexes, peu à peu convaincus que ce monde n’est pas le nôtre. Il a essayé plusieurs fois de s’en échapper, mais tu t’en doutes, il a pas réussi puisque je te parle aujourd’hui.



On pleure souvent, pour tout et rien, on fait souvent des crises d’angoisse, pour tout et rien, aussi. Dans les moments où ça va mal, on est complètement perdus dans un tourbillon de peur, de mal-être, d’incompréhension face à notre envie de nous éloigner très très loin d’absolument tout malgré notre amour profond pour ce tout. D’autant plus que chaque minuscule détail comme un objet, une sensation, une odeur devient agressif, oppressant.


Aussi, nos humeurs sont « instables », dans certains moments il peut nous arriver de passer de l’angoisse totale au bonheur calme au désespoir etc.. en quelques minutes (ou même secondes).Il y aurait sûrement des centaines de choses dont je pourrais encore te parler, mais je sens déjà beaucoup ma tête tourner à force de réfléchir à tout ça. L’hypersensibilité, c’est vraiment quelque chose de paradoxal, qui nous fait voir des lumières plus belles que tout, mais qui nous plonge aussi dans l’obscurité la plus sombre. Alors il faut s’accrocher à ces belles lumières si on veut profiter de ce don.

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